La servitude définie : voir le meilleur, suivre le pire
Énoncé formel
L'infirmité humaine à modérer et à réprimer les affects s'appelle servitude ; car l'homme soumis aux affects n'est pas maître de lui-même, mais est tenu par la fortune, au pouvoir de laquelle il se trouve au point d'être souvent contraint, voyant le meilleur, de suivre le pire.
En langage courant
C'est la préface de la Partie IV, et on dirait que Spinoza a jeté un coup d'œil à chacune de vos bonnes résolutions du Nouvel An. Vous savez que vous devriez faire de l'exercice, étudier, être patient — et pourtant vous scrollez, procrastinez, vous emportez contre les gens. La formule antique pour cela est l'akrasia, la faiblesse de la volonté. Mais Spinoza vient de nier que la volonté est une faculté séparée. Alors que se passe-t-il réellement ? Vous êtes déterminé par l'affect le plus fort du moment, et le « meilleur » que vous voyez est une idée plus faible qui est submergée par une idée plus vivace et présente.
Pourquoi cela suit
L'étape 11 (df-11) a distingué le déterminisme universel de la servitude spécifiquement humaine. Cette étape donne à la servitude sa définition précise tirée du texte. La combinaison d'idées inadéquates et d'affects passifs puissants fait que nous sommes souvent mus par ce qui est le plus proche et le plus bruyant plutôt que par ce que nous savons être le meilleur.
La servitude est la condition de voir le meilleur tout en étant mû par le pire.
Concepts liés
Spinoza dit que vous suivez le pire non pas parce que votre volonté est faible, mais parce qu'un affect plus fort l'emporte sur une idée plus faible. Cette redescription change-t-elle la manière dont vous pourriez aborder le problème ?