Le conatus est l'essence actuelle de la chose
Énoncé formel
L'effort par lequel chaque chose s'efforce de persévérer dans son être n'est rien d'autre que l'essence actuelle de la chose elle-même. De l'essence donnée d'une chose, certaines conséquences découlent nécessairement, et les choses n'ont pas d'autre puissance que celle qui découle de leur nature déterminée. Par conséquent, le conatus (conatus) n'est pas quelque chose d'ajouté à l'essence — c'est cette essence en action.
En langage courant
C'est l'étape qui transforme le conatus d'une métaphore physique en un principe métaphysique. Votre effort pour persister n'est pas un trait que vous possédez par hasard, comme être grand ou avoir les yeux bruns. C'est vous. Retirez l'effort et il ne reste rien qu'on puisse appeler un soi. L'essence n'est pas un plan statique ; c'est une puissance dynamique d'exister et d'agir. Lorsque Spinoza définira plus tard le désir, la joie et la tristesse, ils seront tous des variations sur ce thème unique : la fluctuation de votre puissance essentielle.
Pourquoi cela suit
De ce-07, toute chose s'efforce de persévérer. Spinoza montre ici que cet effort est identique à l'essence en notant que la puissance d'une chose s'épuise dans ce qui découle de sa nature (I.P29, I.P36). Il n'y a ni surplus de puissance ni déficit — l'effort est tout ce que la chose est.
Le conatus n'est pas une propriété de l'essence ; il est l'essence elle-même, comprise dynamiquement.
Concepts liés
Si votre essence est simplement votre effort, cela signifie-t-il que vous êtes un « vous » différent lorsque votre puissance d'agir change — ou est-ce une seule essence avec une intensité variable ?